L’eau est essentielle à la diversité des habitats et des paysages fonctionnels su bassin du lac Champlain. Le climat de la région offre une pluviométrie suffisante pour alimenter 23 700 km de torrents et de rivières et remplir le lac Champlain de 25,7 milliards de mètres cubes d’eau (6,8 trillions de gallons). Des collectivités locales dynamiques, une offre récréative exceptionnelle et une robuste éthique environnementale s’appuyant sur cette abondance d’eau attirent toujours plus de monde dans le bassin du lac Champlain chaque année. Les pressions exercées par l’activité humaine, menacent toutefois de dégrader la qualité de l’eau.

UNE EAU PROPRE À LA CONSOMMATION, À LA PÊCHE ET À LA BAIGNADE

Le lac Champlain continue de fournir une eau potable de haute qualité et de très bon goût aux collectivités qui l’entourent.

Plus de 145 000 personnes, soit près de 24 % de la population du bassin, dépendent du lac Champlain en tant que source salubre et fiable d’eau potable. Il y a près de 100 fournisseurs publics d’eau dans le bassin du lac Champlain (73 dans le Vermont, 26 dans l’État de New York et 1 au Québec). L’essentiel de cette eau potable est fournie par 35 services publics de distribution d’eau contrôlés et réglementés; des motels, parcs de maisons mobiles, restaurants et autres entreprises traitent et consomment également de l’eau du lac. Un certain nombre de camps et chalets saisonniers tirent de l’eau non traitée directement du lac, mais la consommation d’eau non traitée n’est pas sûre ni recommandée.

L’U.S. Safe Water Drinking Act (loi sur la salubrité de l’eau potable) prévoit que tous les services publics d’eau analysent la teneur en 86 contaminants potentiels dans l’eau potable. L’eau potable du lac Champlain dépasse rarement les limites pour l’un quelconque de ces 86 contaminants. L’eau du lac n’est pas seulement salubre et fiable, elle est aussi primée. Le prix « Best of the Best » People’s Choice Taste Award 2015 pour l’Amérique du Nord a été décerné au Champlain Water District, qui tire son eau de la baie de Shelburne et est le plus important fournisseur d’eau potable du Vermont.

Les poissons du lac Champlain peuvent constituer une partie saine et savoureuse d’un régime alimentaire équilibré si les avis de consommation sont observés.

La pêche est une tradition de longue date sur le lac Champlain et constitue toujours un moyen important d’interaction des personnes avec l’écosystème du lac. L’État de New York, le Québec et le Vermont ont chacun établi des niveaux de sécurité de consommation des poissons à l’intention des consommateurs dans leurs juridictions respectives.

La majorité de ces avis de consommation de poisson sont liés à la présence dans les tissus des poissons de mercure, un métal lourd toxique qui peut entraîner des maladies graves, même à faibles doses. Le mercure connaît une bioamplification à travers la chaîne alimentaire, ce qui signifie que les poissons plus gros, plus âgés et plus hauts dans la chaîne alimentaire contiennent plus de mercure que les petits poissons. Par conséquent, une espèce de petite taille telle que la perchaude contient généralement des niveaux moindres de mercure que le touladi, un gros poisson prédateur.

Historiquement, la plus importante source de mercure dans le lac Champlain est le dépôt de pollution atmosphérique, principalement en provenance de centrales au charbon et d’industries dans le Mid West. Certains articles ménagers courants, tels que les anciens thermomètres et les ampoules fluorescentes compactes, contiennent aussi de petites quantités de mercure qui peuvent se retrouver dans les cours d’eau si ces articles ne sont pas éliminés comme il se doit en tant que matières dangereuses.

Des mesures locales et nationales ont permis d’abaisser les concentrations en mercure dans plusieurs espèces de poissons du lac Champlain. Cela était particulièrement vrai des années 1990 jusqu’à 2011, où le niveau de mercure a baissé dans pratiquement toutes les espèces de poissons échantillonnées (Figure 1). De 2011 à 2017, toutefois, la tendance s’est inversée et une augmentation du mercure a été observée dans toutes les espèces échantillonnées. La raison de cette inversion n’est pas claire et les chercheurs continuent d’étudier les causes potentielles de cette évolution. Une tendance semblable a été observée dans la région des Grands Lacs.

Figure 1

Figure 1 | Concentration de mercure dans les tissus des poissons du lac Champlain

Les rivières et lacs du bassin du lac Champlain sont propres à la baignade la majorité du temps.

Des milliers d’habitants et de visiteurs se baignent dans le lac et dans ses affluents chaque année. Avec 945 km (587 milles) de rives, 54 plages publiques sur le lac et des centaines de « swimming holes » (trous d’eau) dans les rivières du bassin, il y a d’innombrables façons de se rafraîchir durant les mois d’été. Durant l’essentiel de la saison de baignade, la majorité des plages sur le lac sont salubres et ouvertes au public.

Lorsqu’une plage est fermée pour des raisons sanitaires, c’est habituellement lié à des niveaux élevés de coliformes fécaux ou à la présence de cyanobactéries (ou algues bleues, voir Figure 2). Les coliformes fécaux sont généralement sans danger, étant naturellement présents chez tous les animaux, y compris les humains. Des niveaux élevés de coliformes dans l’eau, toutefois, peuvent être indicatifs de la présence de pathogènes nocifs. Les niveaux élevés de coliformes se produisent typiquement après des orages qui entraînent des sédiments, polluants et bactéries dans le lac.

Figure 2

Figure 2 | Fermetures de plage publique sur le lac Champlain, 2015–2017

Si le lac Champlain et ses affluents offrent une moyen agréable de se rafraîchir par temps chaud, les autorités sanitaires recommandent aux baigneurs s’informer auprès des autorités locales de la qualité de l’eau et de la sécurité des plages publiques avant de s’y baigner. Les spécialistes conseillent d’attendre 24 heures après une forte pluie avant d’entrer dans un plan d’eau afin de réduire les risques associés à l’exposition à des niveaux insalubres de coliformes fécaux ou à de forts courants dans les rivières.

Une jeune baigneuse envisage de se jeter à l’eau. Photo : LCBP