L’eau est essentielle à la diversité des habitats et des paysages fonctionnels su bassin du lac Champlain. Le climat de la région offre une pluviométrie suffisante pour alimenter 23 700 km de torrents et de rivières et remplir le lac Champlain de 25,7 milliards de mètres cubes d’eau (6,8 trillions de gallons). Des collectivités locales dynamiques, une offre récréative exceptionnelle et une robuste éthique environnementale s’appuyant sur cette abondance d’eau attirent toujours plus de monde dans le bassin du lac Champlain chaque année. Les pressions exercées par l’activité humaine, menacent toutefois de dégrader la qualité de l’eau.

SUBSTANCES TOXIQUES

Il y a des substances toxiques et des contaminants présents dans le lac, mais leurs effets et leur prévalence ne sont pas bien compris.

Un certain nombre de polluants et de contaminants trouvés dans le lac sont potentiellement préoccupants, notamment des microplastiques, produits pharmaceutiques, sel de voirie, pesticides, PCB, mercure et autres substances toxiques bioaccumulables. Ces substances sont généralement observées à de très faibles concentrations. Les effets à long terme de substances toxiques de faible concentration sur l’écosystème et la santé humaine ne sont pas bien compris.

L’île Law est un exemple récent de décontamination réussie. Cette île de 3,4 hectares (8,5 acres), au nord de Burlington (Vermont) au large de Colchester Point, comportait cinq structures abandonnées et dilapidées, deux épaves de voitures et des ordures ayant laissé leur lot de contaminants toxiques. Des analyses effectuées en 2007 ont montrée une contamination au plomb et à l’amiante par les matériaux présents sur l’île. En partenariat avec la Vermont Agency of Natural Resources, la commune de Colchester a entrepris la réhabilitation environnementale du site. À l’été 2012, le site a été déclaré ne plus présenter de risque environnemental. On espère que l’île Law pourra bientôt constituer un habitat pour la faune et un lieu de loisirs pour le public.

Les microplastiques, de petits morceaux de plastique de moins de 5 mm de diamètre, sont un problème croissant dans le lac Champlain. Les microplastiques proviennent de diverses sources et se présentent sous des formes variées : microbilles trouvées dans certains produits de soins personnels, microfibres issues de vêtements synthétiques et matières érodées provenant de détritus et autres sources humaines. Ces matériaux passent souvent à travers les systèmes d’assainissement des effluents. Une étude récente menée par SUNY Plattsburgh a montrée qu’entre 10 000 et 15 000 particules de microplastiques étaient déversées chaque jour dans les installations d’assainissement suivies du bassin du lac Champlain.

Les microplastiques peuvent être ingérés par les poissons et autre faune et peuvent provoquer une obstruction digestive et une modification du comportement alimentaire, qui peuvent avoir un effet sur la reproduction et l’état de santé général. Des substances chimiques bioaccumulables nocives ont été trouvées dans des microplastiques à travers le monde; des métaux lourds et des PCB ont été trouvés dans les microplastiques du lac Champlain. L’étude de SUNY Plattsburgh a montré que les fibres étaient les plastiques les plus couramment ingérés par les espèces d’oiseaux et de poissons sur lesquelles s’est portée la recherche. L’étude a également observé de plus grandes quantités de plastiques dans les organismes placés plus hauts dans la chaîne alimentaire, en particulier le cormoran, le poisson-castor et le touladi.

La quantité de chlorures dans le lac Champlain est en augmentation, un phénomène observé dans de nombreux lacs dans le Nord-Est. Les chlorures sont le principal ingrédient actif de la majorité des solutions de dégivrages utilisées en hiver et sont transportés jusqu’au lac par le ruissellement au printemps. Par ailleurs, les adoucisseurs ajoutent des chlorures dans les réseaux d’eau et les chlorures ne sont généralement par éliminés des effluents par les installations d’assainissement. Des niveaux élevés de chlorure peuvent faire obstacle à la survie et à la reproduction de certaines espèces aquatiques telles que le plancton et certains types de bactéries et peuvent également être le signe de la présence de substances toxiques nocives telles que des métaux lourds. Certaines espèces envahissantes, notamment le myriophylle en épi, tolèrent les chlorures et peuvent prendre la place d’espèces indigènes touchées par cette forme de pollution de l’eau.

Jetez-vous à l’eau : ce que vous pouvez faire

Ne jetez pas de produits toxiques. Déposez vos déchets toxiques et vos articles dangereux dans des déchetteries prévues à cet effet. Cela comprend notamment l’électronique, la peinture, les pesticides, les herbicides, l’huile moteur et les articles qui contiennent du mercure, tels que les thermomètres non numériques et les lampes fluorescentes compactes (LFC).

Soyez à l’affût des fuites. Vérifiez que vos voitures, camions, bateaux et autres engins n’ont pas de fuites d’huile ou d’autres liquides.

Ne jetez pas les médicaments inutilisés à la toilette. Ramenez-les à une pharmacie ou à un lieu de collecte de médicaments autorisé.

Adoptez le naturel. Réduisez ou éliminer l’application de pesticides et d’herbicides sur votre terrain. Choisissez des options moins toxiques pour la lutte contre les parasites.

Ayez une approche plus verte. Utilisez des produits nettoyants ménagers moins toxiques. Les substances chimiques ne sont pas toutes éliminées par les procédés d’assainissement des eaux usées.

Évitez les microbilles de plastique. N’utilisez pas de produits de soins personnels qui contiennent de particules de plastique de polyéthylène utilisées comme exfoliants.

Utilisez le réutilisable. Utilisez des gobelets à café et des bouteilles à eau réutilisables plutôt qu’acheter leurs équivalents en plastique jetable. Apportez des sacs réutilisables à l’épicerie plutôt que d’utiliser des sacs en plastique ou en papier.