L’eau est essentielle à la diversité des habitats et des paysages fonctionnels su bassin du lac Champlain. Le climat de la région offre une pluviométrie suffisante pour alimenter 23 700 km de torrents et de rivières et remplir le lac Champlain de 25,7 milliards de mètres cubes d’eau (6,8 trillions de gallons). Des collectivités locales dynamiques, une offre récréative exceptionnelle et une robuste éthique environnementale s’appuyant sur cette abondance d’eau attirent toujours plus de monde dans le bassin du lac Champlain chaque année. Les pressions exercées par l’activité humaine, menacent toutefois de dégrader la qualité de l’eau.

PATHOGÈNES ET CYANOBACTÉRIES

Les pathogènes continuent d’altérer la qualité de l’eau et sont coûteux à éliminer, mais les récents efforts ont permis d’identifier et d’éliminer certaines menaces.

Il est habituellement préférable que les communes aient des réseaux séparés d’eaux pluviales et d’eau usées. Dans les cas où il n’y a qu’un seul réseau de canalisations, appelé égout unitaire, les deux flux sont combinés en amont des installations d’assainissement des effluents. Lorsqu’une forte pluie produit un ruissellement d’eau supérieur à la capacité de ces égouts unitaires, les installations d’assainissement peuvent être submergées par le volume important d’eau; des eaux usées non traitées ou partiellement traitées peuvent alors être déversées dans le réseau d’affluents et, à terme, dans le lac par les déversoirs de trop-plein. Ces événements, appelés trop-pleins d’égouts unitaires (TPEU), sont des sources de coliformes fécaux et de nutriments pour le lac.

D’importants efforts ont été déployés pour réduire le nombre de ces TPEU dans le bassin. Depuis 1990, le nombre de points de rejet de TPEU, ou déversoirs, dans le Vermont est passé de 178 à 53. Ce nombre devrait baisser encore plus suite à l’adoption d’un règlement sur les TPEU par le Vermont Department of Environmental Conservation en 2016. Le nombre de TPEU dans la partie new-yorkaise du bassin a également diminué, la ville de Plattsburgh ayant été éliminé, à elle seule, quinze déversoirs de TPEU depuis les années 1970. Des plans de contrôle à long terme sont en place pour atténuer l’impact des onze déversoirs restant à Plattsburgh.

Les efforts supplémentaires sont en cours pour mieux comprendre et lutter contre les sources de coliformes fécaux dans les cours d’eau du bassin, y compris les déjections des animaux de ferme, de la faune, des animaux de compagnie et des humains. La ville de Plattsburgh, par exemple, a fait appel à une technologie de suivi par l’ADN pour déterminer la source de coliformes fécaux ayant entraîné des fermetures de plages publiques de la commune sur les rives du lac Champlain. L’étude a montré que les mouettes et les vaches constituaient les sources les plus fréquentes de coliformes fécaux par temps sec et à la suite d’orages n’ayant pas provoqué de TPEU. Après les orages ayant entraîné des TPEU, les principales sources étaient les mouettes, les humains et les chiens.

Combined sewer overflow

Les trop-pleins d’égouts unitaires restent un défi particulièrement difficile pour la qualité de l’eau en raison du coût élevé de la séparation des égouts pluviaux et d’eaux usées. Photo : Ville de Plattsburgh

La majorité du temps, il n’y a pas d’efflorescences de cyanobactéries dans le bassin du lac Champlain, mais les efflorescences par temps chaud continuent de poser problème.

Les cyanobactéries sont un groupe de bactéries primitives indigènes de la quasi-totalité des écosystèmes sur Terre. Plusieurs espèces de cyanobactéries sont présentes dans le lac Champlain et, la plupart du temps, elles ne causent aucun préjudice. Les cyanobactéries peuvent devenir nuisibles si leur croissance est accélérée par une météo calme et chaude, ainsi que des niveaux excessifs de nutriments tels que l’azote et le phosphore. Une efflorescence de cyanobactéries se produit lorsque les colonies de cyanobactéries deviennent suffisamment denses pour être visibles à l’œil nu. Ces colonies se présentent généralement sous la forme de petites billes vertes de la taille d’une tête d’épingle et peuvent former une pellicule (ou efflorescence) sur la surface de l’eau qui ressemble parfois à une épaisse soupe aux pois.

Les efflorescences sévères de cyanobactéries produisent parfois des toxines qui sont nocives pour les humains, les animaux domestiques et la faune et peuvent avoir des effets nuisibles sur l’écosystème du lac Champlain, notamment une réduction des niveaux d’oxygène dans l’eau et des odeurs nauséabondes. Lors d’une récente étude financée par le LCBP sur des poissons prélevés dans le lac Champlain durant des efflorescences, aucune présence de cyanotoxines n’a été détectée dans les tissus de ces poissons, toutefois les chercheurs continuent d’étudier les effets potentiels sur les poissons pêchés dans le lac. Par ailleurs, des analyses d’eau potable dans des installations d’assainissement publiques du Vermont n’ont permis d’identifier aucune présence détectable de cyanotoxines dans l’eau potable traitée ou non traitée durant l’été 2017.

Les toxines produites par les efflorescences de cyanobactéries peuvent rendre l’eau du lac à proximité de ces efflorescences impropre à la baignade. Le LCBP travaille en partenariat avec le Lake Champlain Committee, le Vermont Department of Environmental Conservation et le Vermont Department of Health (DOH) pour promouvoir le Lake Champlain Volunteer Cyanobacteria Monitoring Program (programme de suivi des cyanobactéries dans le lac Champlain par des bénévoles). Durant les mois chauds, plus d’une centaine de bénévoles rendent compte chaque année semaine de l’état de l’eau du lac le long des rives. Si une efflorescence de cyanobactéries est visible, une alerte est affichée en ligne sur la carte de suivi des cyanobactéries dans le lac Champlain hébergée par le DOH du Vermont. Si l’efflorescence se produit sur une plage publique, des échantillons d’eau sont analysés pour déterminer la salubrité de la plage pour la baignade. Les autorités locales sont informées si la fermeture de la plage est préconisée au vu des résultats d’analyse.

cyanobacteria bloom on beach

Les efflorescences de cyanobactéries peuvent limiter l’utilisation des plages sur le lac Champlain. Photo : LCBP

Figure 3

Figure 3 | Alertes aux cyanobactéries, 2015–2017

La majorité du temps, il n’y a pas d’efflorescences de cyanobactéries dans le lac Champlain (Figure 3). Les efflorescences se produisent le plus souvent en juillet-août dans les baies peu profondes et chaudes du lac, telles que la baie Missisquoi et la baie de St. Albans. Les exceptions occasionnelles sont généralement le produit de circonstances inhabituelles. Durant l’automne 2017, des températures anormalement élevées, des vents faibles et de fortes concentrations de nutriments ont produit des efflorescences localisées de cyanobactéries dans de nombreuses parties du lac et d’autres lacs plus petits dans le bassin. L’efflorescence dans le lac Carmi (Vermont) s’est avérée particulièrement persistante et intense durant cette période et s’est prolongée jusque vers la fin de l’automne. En outre, la scytonema, une variété de cyanobactérie rarement observée, a été détectée pour la première fois dans une partie de la baie de Burlington et a persisté pendant plusieurs semaines en septembre en septembre et octobre 2017.

La réduction des niveaux de nutriments tels que le phosphore est un volet essentiel de la lutte contre les efflorescences de cyanobactéries dans le lac Champlain et le LCBP et ses partenaires s’attachent à répondre à cette cause profonde.